Bientot Sur Vos Ecrans




.


Pour être prévenu des nouveautés, ajoutez ce Blog à vos amis ;-)

# Posté le dimanche 21 décembre 2008 20:25

Modifié le vendredi 26 décembre 2008 15:20

.Si Près Derrière Toi.

.Si Près Derrière Toi.

__________________________________________________

"Bienvenue à New York, dans l'Upper East Side, où mes amis
et moi vivons dans d'immenses et fabuleux..." Oups !
Faux départ, accordez moi une seconde chance !
Je disais donc.

"Bienvenue à Coral Gables, ville taillée d'or et de diamants, où
les femmes suintent le luxe jusqu'au fin fond de leur string en
dentelles, et où les hommes pleins aux as n'ont pour seule e
-nvie que de les alimenter au maximum dans le seul but de le
leur arracher. C'est dans cet univers bien comme il faut, où les
dollars et le champagne coulent à flot, que la prestigieuse dyna
-stie Wisbarger mène son jeu avec brio. Venez donc découvrir la
vie des adolescentes de la famille. Ne jurant que par la drogue,
le sexe et l'alcool elles sont pourtant différentes de toutes les
autres. Une mère aux abonnés absents vous apprend bien plus
la vie qu'une dizaine de poules couveuses. Vous ne me croyez
pas? Son histoire en est pourtant la preuve. Alors si vous rêvez
d'orgies de fric à ne plus savoir qu'en faire, d'une baraque où le
garage à lui seul est assuré cinq fois plus chère que votre petit
pavillon de banlieue, le tout agrémenté d'une liberté sans limites
...Admirez donc le résultat d'une existence sur papier glacé,entre
mensonges, liaisons dangereuses, petits meurtres en famille,
luxure et trahison... Qui a dit que la vie n'était pas toujours rose?"
__________________________________________________





# Posté le dimanche 21 décembre 2008 19:15

Modifié le lundi 22 décembre 2008 18:04

Présentation

Présentation
_SCOTTIE THOMPSON___HAYDEN PANETTIERE_____JODELLE FERLAND_________WILLA HOLLAND









Behind The Screen

Deux Filles d'une quinzaine d'années.
____________________L'une Brune.________________________________________L'autre Blonde.
Tandis que la première. ____________________________________________________________________ La seconde
fait passer son talent _______________________________________________________________s'occupe de l'illustrer
à travers le texte. ______________________________________________________________________avec élégance.

En espèrant que le mélange des deux vous convienne.



Envie d'en savoir plus?
Posez vos questions,
Nous vous répondrons dans la mesure du possible.


En attendant...
Contentez-vous de rêver
(avant de très vite remettre les pieds sur Terre...)

# Posté le lundi 22 décembre 2008 15:52

Modifié le mardi 23 décembre 2008 17:16

Chapitre n°1. Bienvenue à Coral Gables.

Chapitre n°1. Bienvenue à Coral Gables.
Chapitre n°1.
Bienvenue à Coral Gables.




"Je ne suis pas une salope. Pas vraiment. Sincèrement, si on enlève le fait que je fume à outrance certains soirs et que je réponde de façon plus qu'insolente à mes profs certaines heures, je ne suis pas réellement quelqu'un qu'on pourrait qualifier de salope. Et cela malgré ce qu'en pense la totalité des filles de terminales du lycée West High. La vérité, c'est que je n'ai pas été oubliée à la distribution, et que bien entendu, ça ne plaît pas à tout le monde: je mesure 1m55 pour 47kg toute mouillée, j'ai un tour de poitrine qui frôle le 95C sans avoir à user d'artifices pour lesquels la majorité de ces mêmes filles dépensent des centaines de dollars par mois. Les push-up et autres rembourrages me sont totalement inconnus. Je suis riche, où plutôt, ma mère est riche. J'ai conservé ma blondeur enfantine sans jamais avoir à recourir à une seule couleur et pour couronner le tout, j'habite dans le quartier le plus huppé au Sud-Ouest de Miami. Si je le voulais, je pourrai facilement régler ma Festina dernier modèle sur les entraînements de pom-pom girls, les rendez-vous avec les joueurs de l'équipe de basket et les fêtes plus ou moins alcoolisées qu'aiment à donner tel ou tel enfant de tel ou tel avocat renommé ou directeur de multinationales. Encore faudrait-il que je tienne à ces rassemblements que je m'obstine au contraire à fuir comme la peste, ce depuis que je suis en âge d'y assister.
Croyez-moi, malgré les apparences, ma vie ne ressemble en rien à Newport Beach ou Gossip Girl.
Je ne suis ni une Summer ni une Serena.
Qui donc, alors ? La réponse tient en quelques mots:
Mon nom est Célestine Benoît, j'ai dix-huit ans, et je suis tueuse à gage."


Célestine venait tout juste de sortir d'un motel des quartiers miteux de Miami-Dade. Elle y avait exécuté son huitième contrat, qui s'élevait pour la première fois à plus de 4.000$. Elle qui ne travaillait jamais pour moins de la moitié de cette somme pensait sérieusement à augmenter ses tarifs. Après tout, elle n'était pas moins que LA tueuse la plus demandée dans les règlements de compte entre les riches escrocs reconnus et illustres hommes d'affaires peu scrupuleux de toute la Floride. 4.000$ la mission était tout de même la moindre des choses! Elle n'était pas de ces "employés" que l'on achetait facilement. Pour cause. Rien que cette nuit, elle venait de loger une balle de neuf millimètres dans la nuque de l'un des plus grands mafieux du moment. On pouvait assurer sans s'avancer que cette gamine ne volait pas son argent.

Adossée à la façade du motel, une jambe repliée sur le mur, Célestine alluma une longue 1802 pour en tirer une grande bouffée. Elle avait le temps. Le type de la réception dormait du sommeil du juste depuis au moins une demi-heure. Elle ne risquait donc aucune suspicion.
Tandis que la blondinette essayait de décompresser un minimum avant de regagner sa Lamborghini, son GSM ciglé Lolita Lempicka se mit soudainement à vibrer. Passablement énervée, elle l'extirpa de la poche arrière de son vieux jean Diesel. Un nouveau sms "J ss à burn-out. Vi1 me chrché stp. Biz. Angy."
L'énervement laissa peu à peu sa place à la surprise, et la lycéenne fronça les sourcils. Sa soeur cadette avait encore une fois trouvé le moyen de l'exaspérer. Elle appuya de son ongle manucuré sur l'option qui indiquait "Appeler Angélia", et colla son portable contre son oreille dont le cartilage était orné d'un joli diamant issu de la dernière collection Chanel.

Alors qu'elle commençait à perdre patience, la voix de sa soeur se fit enfin entendre, masquée par les bruits de la fête:

Angélia, étonnée: Célestine ?

Ladite Célestine tira une seconde bouffée sur sa cigarette et répondit à l'adolescente, d'un ton menaçant:

Célestine: Est-ce que je peux savoir ce que ma soeur a bien put aller foutre à la soirée « burn-out »?

Angélia: T'énerve pas, je suis passée voir, c'est tout. Maman n'est même pas au courant. Elle pense que je suis chez Shelly Corney.

Célestine: C'est Shelly Corney qui organise cette fête, Angélia !

Angélia: Peut-être, mais pour maman, c'est Daton Ivens qui organise le burn-out. Faut suivre, soeurette.

Son aînée ne releva même pas cette dernière remarque. Elle savait parfaitement que leur mère connaissait l'identité de la véritable organisatrice de la soirée. Elle savait aussi que si cette dernière avait joué le jeu devant sa seconde fille, elle n'allait pas se gêner pour lui passer un savon monumental lorsqu'elle refranchirait la porte de la villa. Mieux vaudrait être loin du salon quand cela se produirait.
Ce que les parents ignoraient en revanche, était que la soirée « burn-out », qui avait lieu tous les ans à la même date, était la fête la plus dangereuse de l'année dans la haute société (âgée de vingt ans et moins) à Coral Gables. Il s'agissait en vérité d'une rave-party dont le principe était simple: chacun amenait une drogue plus ou moins forte, des mélanges sérieusement explosifs, des médicaments piqués dans l'armoire à pharmacie de la salle de bain de leurs chers parents, parfois même des seringues dans les cas les plus extrêmes. Les organisateurs mettaient tout en commun et ça devenait au petit bonheur la chance: soit vous tombiez sur de l'aspirine pure et simple, soit vous vous réveilliez le lendemain matin, au bord de la piscine sans petite culotte, ni souvenir de ce qui avait put se produire la veille.
Le burn-out était la seule fête ou vous n'aviez pas besoin de carton d'invitation. Tout le monde pouvait y accéder, à condition d'apporter sa "contribution".

Voilà pourquoi, à ce moment précis, la seule envie de la jeune fille consistait à retrouver Angélia dans le but de l'écorcher vive. Une question qui la démangeait horriblement depuis le début de leur échange franchit ses lèvres, sans même qu'elle ne s'accorde un temps de réflexion:

Célestine: Qu'est-ce que tu as prit ?

Angélia parut offensée: Rien du tout enfin, je carbure au punch depuis que j'y suis et j'ai pas lâché une seule seconde mon gobelet des yeux. Pour qui tu me prends ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Célestine fit confiance aux dires de sa soeur. Sa voix n'était pas vaseuse, son timbre non suspect. Et puis, elle savait que, le jour où elle avait fait sa propre overdose devant elle, toutes deux s'étaient jurées solennellement de ne plus jamais toucher à quoique ce soit.

Son interlocutrice reprit la parole, ce qui la fit se sortir de ses pensées:

Angélia: S'il te plaît Célestine, ça devient vraiment glauque. Passe me chercher, par pitié.

Sur les supplications larmoyantes de la petite effrontée, celle qui lui faisait apparemment office de chaperon pour une nuit leva les yeux au ciel et balança son mégot dans une poubelle, après l'avoir éteint contre le mur.

Célestine: Attend-moi dans la cour des Corney. J'arrive d'ici dix minutes.

Angélia, rassurée: Merci.

Célestine: Ne me remercie pas trop vite.

Sur cette phrase, elle raccrocha, et regagna sa voiture, avant de démarrer en trombe.

Angélia ne parvenait plus à cacher sa nervosité. Assise sur le rebord de la fontaine centrale de la villa, elle comptait les secondes qui la séparaient de l'arrivée de sa grande soeur, tout en triturant de ses petites mains parfaites le bas de sa robe à carreaux Burberry qui lui arrivait juste en dessous des fesses. Au fond d'elle, elle savait que venir à cette soirée de défonce était la pire gaffe qui lui avait été donnée de faire, au moins pour ce semestre. A croire que le gêne de la connerie ne se transmettait pas. On l'acquérait juste à force de pratique. Inutile de dire qu'au court de ces dix-sept dernières années, Angélia l'avait tellement entretenu qu'elle pourrait aujourd'hui prétendre au titre de maladroite du siècle, et cela sans même une once d'orgueil.

Angélia Benoît était à peu près tout ce que Célestine Benoît n'était pas: écervelée, déjantée, élève appliquée, et sans conteste légèrement superficielle et BCBG sur les bords. Bien qu'à West High, lycée privé le plus sélecte du comté, son aînée ne l'ait pas avantagée dans ce sens, elle était et avait toujours été considérée comme appartenant à l'élite de l'élite de la grande bourgeoisie à Beautiful City.
Pour faire court, les garçons rêvaient d'elle, les filles rêvaient d'être elle. La nuance pouvait sembler mince, mais s'avérait néanmoins franchement importante.
Et oui, ce petit ange brun, affichant un mètre soixante-quinze et cinquante kilos de douceur, aux yeux bleus cristallins, possédait de quoi faire pâlir de jalousie les gosses de riches les plus branchées, ainsi que leur mère. Collectionnant les mâles depuis l'âge de cinq ans, cette séductrice en herbe qui n'avait plus rien à envier aux plus belles figures hollywoodiennes ne cachait pas son attirance prononcée pour les spécimens affichant plus de vingt-cinq ans au compteur. Elle ne s'entichait des pauvres petits mômes de sa classe de première que pour se fournir un alibi auprès de sa mère. Mère avec qui il lui était arrivé à deux ou trois reprises de partager le même amant.
Sans le moindre doute possible, celle que chacun surnommait "Angy" était le modèle parfait de la jeunesse friquée Américaine. Sexe, alcool, mode et commérage constituaient son lot quotidien. Pire que ça, elle ne s'imaginait pas vivre sans.
Seulement, la jolie petite fille à beau-papa n'avait aucunement la carrure pour gérer ce style de vie aussi survolté que décadent.

Quand elle aperçut le profil de la Lamborghini qu'elle connaissait si bien à l'angle de la demeure, Angélia laissa échapper un soupir de soulagement. L'atmosphère du burn-out était vraiment plus malsaine que les années précédentes. Elle avait planté son petit copain qui devait à présent finir son bad dans l'une des six chambres qui s'étalaient sur deux étages. Le plus beau, était qu'elle s'en foutait royalement. De toute façon, ils n'avaient couché que trois fois ensemble, et même avec la meilleure volonté du monde, personne ne pouvait appeler ces rapports entre deux soirées alimentées de quelques joints qu'ils avaient fait tourner en privé, une relation. Pour l'un comme pour l'autre, il s'agissait tout au plus d'un simple passe-temps.

Célestine ne prit même pas la peine de donner un coup de klaxon pour signaler sa présence. La jeune fille se précipitait déjà vers le véhicule aussi vite que ses Jimmy Choo de dix centimètres le lui permettaient.
Comme elle le redoutait, la petite fugueuse eut à peine le temps de refermer la portière passager que sa soeur engageait déjà les hostilités:

Célestine: J'espère que t'as une explication à me fournir, autrement je te jure que je te laisse rentrer en courant derrière ma caisse.

Angélia prit le temps de boucler sa ceinture et lui répondit, dans un soupir:

Angélia: Désolée.

Célestine, furieuse: Tu crois que ça me suffit ? Non seulement tu fais le mur pour te retrouver à GHB Island, mais en plus, t'y vas avec ma robe !

Angélia: Pas TA robe, on a fait moitié-moitié je te rappelle.

La blonde pointa un doigt rageur à moins de trois millimètres du grand oeil azuré de sa poupée grandeur nature:

Célestine: On avait fait 4600-200, cette robe est à moi! De toute façon le problème n'est pas là. On était d'accord, t'avais rien à faire chez les Corney ce soir.

Angélia, abasourdie: C'est le plus gros évènement de l'année, qu'est-ce que tu voulais que je fasse?

Célestine, ironique: Un truc plutôt pas mal qui s'appelle réfléchir ! Tu sais très bien ce que je pense du burn-out et de Shelly. C'est une sale pute.

Angélia: Une sale pute qui est en terminale et qui a une réputation hallucinante, elle !

C'en était trop pour Célestine. Angélia savait parfaitement que sa frangine haïssait ce genre de comportement. Et bien qu'elle l'adorait par dessus tout, la jeune arrogante ne pouvait s'empêcher d'afficher sa propre personnalité, quitte à la lui crier haut et fort en pleine figure. A tort ou à raison.
En bonne responsable qu'elle était, son accompagnatrice la rappela à l'ordre, comme elle détestait avoir à le faire:

Célestine: Ecoute Angy, je sais qu'on évolue dans des sphères diamétralement différentes, mais il y a une chose que je ne veux pas t'entendre dire: je refuse que tu choisisses tes fréquentations en fonction de leur rang. Enfin, tu es la reine de West, si ce n'est de tout Coral Gables. Et par miracle, tu as réussi à garder ton intégrité en dépit de ça. Alors je t'en prie, ne va pas tout gâcher en traînant avec ce genre de pétasse.

Silence. Angy baissa la tête. Les paroles de son aînée l'avaient véritablement touchée. Bien qu'elle se délectait chaque jour un peu plus de son statut de privilégiée parmi les privilégiés, l'opinion de celle qu'elle considérait comme son modèle comptait terriblement. Elle tenait à son approbation:

Angélia: Excuse-moi, Célestine.

Cette dernière posa un regard protecteur sur l'adolescente assise à ses côtés. Il était clair qu'elle avait retenu la leçon:

Célestine: On n'en parle plus d'accord ? L'important c'est que tu ailles bien et que tu ais compris.

Angélia: T'inquiète pas, va. Vu les choses dont j'ai été témoin ce soir, ça risque pas de se reproduire de si tôt, fais-moi confiance.

Célestine sourit: Ravie de te l'entendre dire.

Quelques instants après leur réconciliation, les deux soeurs arrivèrent devant la villa familiale, dont la plaque de marbre fixée sur l'une des colonnes taille empire indiquait en lettres capitales "Résidence Benoît-Wisbarger".

Leur mère était assise dans l'un des fauteuils tout cuir hors de prix de son living-room du rez-de-chaussée quand elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer sur sa progéniture. L'horloge victorienne avoisinait les trois heures du matin. La jeune femme ne semblait pas éreintée pour autant, bien au contraire: vêtue d'un débardeur turquoise Oscar de la Renta, et d'un pantalon Prada en satin blanc, elle semblait débuter sa journée, fraîche comme une rose. La nuit n'avait apparemment aucune emprise sur sa classe habituelle, sortie droit d'un vieux film des années 1940. Elle était tout bonnement parfaite. D'une perfection hautaine et glaciale.

Jeanne Benoît-Wisbarger était sans conteste possible la méchante de Coral-Gables par excellence: profiteuse, avide d'argent, égoïste, manipulatrice, arriviste, langue de vipère, adultère et par dessus-tout, revancharde. Voici les sortes d'éloges qui revenaient automatiquement lorsque l'on mentionnait son nom. Dans le comté, sa réputation n'était plus à faire. Son mythe non plus. Elle avait débarqué à Miami-Dade, un jour de septembre, quinze ans plus tôt, ses deux fillettes sous le bras, sans le sou. Médecin de profession, elle avait finit par trouver une place d'urgentiste à l'hôpital de la ville la plus huppée du coin, et s'était, de fil en aiguille, liée d'amitié avec la doyenne de l'établissement, Lullaby O' Quinn. D'aussi loin qu'elle se souvienne, c'est ainsi que l'engrenage débuta: invitée noyée dans la foule des plus prestigieuses soirées mondaines, la fille de la capitale avait peu à peu découvert les dessous de la Beautiful City et de ses habitants de marque. La tentation d'entrer dans ce cercle exceptionnel n'avait pas tardé pour l'envahir. La petite déracinée de Washington avait dès lors résolu de taper très haut, en s'entichant à la vitesse de la lumière de l'immensément riche et immensément respectable gérant du Miami Airport, Connor Wisbarger. Le séduisant directeur d'aéroport ne crachait pas sur la rare beauté extérieure de la nouvelle arrivée, bien loin de là. Six mois après cette rencontre, ils étaient mariés, huit autres plus tard Connor demandait le divorce à contre coeur pour incompatibilité d'humeur. Cela sans compter une seule seconde sur la détermination à toute épreuve de Jeanne, qui se retrouva miraculeusement enceinte (sous pilule et avec protection) six semaines avant la signature définitive. La petite Lilly-Grace vit le jour sept mois et demi plus tard, entourée de ses deux demi-soeurs et de parents dont l'amour sonnait si faux qu'il cassait les oreilles de tout le quartier depuis déjà un sacré bout de temps.

A présent, le couple vivait toujours dans la villa à seize millions de dollars appartenant maintenant pour moitié à chacun des deux époux. Les filles s'étaient débrouillées pour grandir du mieux qu'elles pouvaient en composant avec un père et beau-père absent, réfugié dans son travail, trop soucieux de fuir les disputes avec sa chère et tendre.
Si lui avait continué de l'aimer en dépit de leur histoire chargée, il n'était pas dupe, et savait parfaitement que de son côté, Jeanne ne pouvait s'empêcher de sauter sur tout ce qui bougeait, à moins qu'il n'ait pas plus de trente ans et ce qu'il fallait entre les jambes. Il est vrai que dans ses conditions, Connor aurait très bien pu se permettre de la mettre à la porte sans scrupule des années auparavant et aujourd'hui encore. Seulement, à la différence de sa femme, lui était sincèrement amoureux d'elle depuis leur rencontre. Il avait apprit à vivre avec les tromperies et les frasques de celle-ci. Tant pis s'il passait pour le cocu de service devant toute la bonne société de Coral à cause de cela.

Au milieu de tous ses défauts, il y avait tout de même un élément que l'on ne pouvait reprocher à cette prêtresse des temps modernes: elle avait toujours essayé d'être une bonne mère. Essayé, car malgré toute la volonté et tous les efforts qu'elle avait entreprit dans ce sens, son incapacité à comprendre sa fille aînée, à freiner les extravagances de sa cadette et plus particulièrement à prendre en considération sa benjamine ne l'y avait pas aidé. Elle ignorait par quel bout les prendre, sans compter qu'elle avait un mal fou à passer du temps avec elles. Quand elle n'était pas à l'hôpital, où elle travaillait encore, elle était trop occupée à tromper Connor ou à faire les boutiques en compagnie de Lullaby, qui tentait chaque jour de lui inculquer un minimum de sa sagesse, en vain.

Ce qui caractérisait plus encore la sorcière de Coral Gables, était sans nul doute son absence de passé. Encore plus que ses dénonciations incessantes, son penchant pour les petits jeunes ou sa méchanceté. Personne ne pouvait se vanter de connaître ne serait-ce qu'une bribe de la vie de Jeanne avant son arrivée en Floride.

Voilà donc en quelques phrases la mère à laquelle allaient être confrontées les filles en rentrant chez elle à une heure aussi indécente. Sans compter qu'en plus de ses travers habituels, elles devraient également composé avec la colère (pour le coup légitime) de la jeune femme.
Célestine entra la première dans le salon, dans le but de prendre la température. Angy crut judicieux de rester dans l'entrée pendant ce laps de temps, qu'elle espérait le plus long possible. Leur petite combine n'échappa évidemment pas à la spécialiste du genre:

Jeanne: Célestine, tu montes immédiatement.

Cette dernière essaya de se faire la plus conciliante possible:

Célestine: Maman, avant de t'insurger contre qui que ce soit...

Jeanne, au bord de la crise de nerfs: J'ai dit, tu nous laisses. Monte immédiatement dans ta chambre, et ne t'avise pas de redescendre avant que j'en ai finit avec cet individu, qui n'ose même plus me regarder en face et qui malheureusement me sert de fille. Me suis-je bien faite comprendre ?

Un silence flotta distraitement dans l'air. Jeanne continuait de fixer son enfant, qui se retrouvait dans une bien mauvaise posture, coincée entre la solidarité fraternelle et l'autorité parentale. Le choix ne fut pas long à faire. Elle ne pouvait lutter contre la fureur de Jeanne. Dans un déchirement, elle accorda un regard désolé à Angélia, dépitée, mais résignée. Elle était parfaitement consciente que sa soeur n'avait pas d'autre possibilité que d'obéir:

Célestine: Oui maman.

Jeanne: Parfait.

La jeune fille quitta le salon, sans demander son reste, faisant place nette pour la prochaine victime de cette folle nuit. Angélia avança à reculons, cherchant à se faire toute petite sous le regard sans appel de sa mère. Lorsqu'elles furent enfin assez proches, le médecin enchaîna:

Jeanne: Daton Ivens ?

Angélia, se mordant la lèvre: Maman, je peux tout t'expliquer...

Jeanne, hurlant: Alors fais donc ! Met m'en plein la gueule ! Je suis curieuse de savoir ce que ma fille va pouvoir me pondre comme excuse pour m'avoir délibérément mentit en allant assister à une fête que je lui avais formellement interdite, en me cachant de surcroît le nom de la personne chez qui elle se déroulait réellement. Oui, vraiment, je suis rongée par l'envie de connaître tes raisons.

A mesure qu'elle parlait, Jeanne eut la forte impression que sa fille ne cessait de se tasser sur elle-même. Fière d'elle, elle attendit sa réponse.

Angélia, bredouillante: Je... Je savais... Que si je t'en parlais tu ne me donnerais pas l'autorisation et...

Jeanne: Angy, tu crois que je ne sais pas ce qui se passe dans toutes ces soirées que tu écumes les unes après les autres ? Tu me prends pour une abrutie finie, ou tu étais trop bourrée pour en avoir conscience ?

Angélia: Je n'étais pas bourrée.

Jeanne, haussant encore le ton: Ne me répond pas! Je t'interdis de me répondre! Tu m'as mentie, tu as mis ta vie en danger, tu as mêlée Célestine à cette histoire.

Angélia: Elle était aussi dehors.

Jeanne: Elle avait mon autorisation ! Elle est responsable ! Ce qui n'est pas du tout ton cas. En fait, ça ne l'a jamais été, et je désespère que ça le soit un jour. La seule chose qui a une importance à tes yeux, ce sont ces évènements obscurs. Te rends-tu compte de ce que tu risques ? Est-ce que tu imagines ne serait-ce qu'une seconde le sang d'encre que je me suis fait ici ?

Bon d'accord, elle exagérait peut-être un peu. Néanmoins, elle ne faisait pas confiance à Angy, et c'était bien connu. Elle n'avait absolument aucune raison de commencer ce soir. Cette môme était extraordinaire, mais, au grand damne d'une mère si diaboliquement intelligente et manipulatrice, elle n'avait aucune once de raisonnement, et l'âge n'arrangeait rien. Aux vues de son physique, deux solutions s'offraient à sa génitrice: lui faire implanter une puce électronique dans le bras, où la séquestrer jusqu'au mariage.
Repoussant ce choix cornélien à un moment plus propice, elle comprit qu'elle allait devoir user de son autorité, et ne se priverait pas pour lui en injecter une pleine dose. Devant les misérables excuses d'Angélia, sa détermination ne flancha pas:

Jeanne: Très bien. A partir de maintenant, les seuls trajets qui te seront autorisés se limiteront à la maison et au lycée, sous surveillance de Célestine. Tu n'as plus accès au Range Rover sauf si je finis par en décider autrement. Plus de petits copains, et plus de sorties. Si je te reprends à faire le mur, et crois-moi je t'y reprendrais, je t'envoie en pension illico, par le premier TGV. C'est clair?

Angélia, médusée: Maman...

Jeanne: Angélia Adénor Benoît, j'ai dit: est-ce que c'est clair ?

Angélia, après une pause, résignée: Très clair, maman.

Jeanne, soutenant son regard: Contente de voir que nous sommes sur la même longueur d'onde. A présent, tu montes dans ta chambre.

Elle s'exécuta, les ongles plantés dans la peau de son bras jusqu'au sang, pour parvenir à contrôler sa rage. Quant à elle, sa mère savourait sa petite victoire, face à l'arrogance de sa cadette. Décidément, Coral Gables regorgeait d'évènements qu'elle avait grâce à dieu apprit à maîtriser d'une main de fer à peine dissimulée sous un gant de velours. Au moins maintenant, elle détenait de nouveau le contrôle de sa vie. Et c'était délicieusement plaisant.



To Be Continued...


Verdict ?? Comment avez trouvé ce premier chapitre? Cette seconde partie était-elle à la hauteur de vos attentes ?? N'hésitez surtout pas à nous laisser vos impressions.


D'ailleurs nous remercions Aline pour nous avoir laissé tout plein de comm's, le 100° en autres...

Et je crois que vous pouvez remercier Elodie sans qui le chapitre ne serait toujours pas là ^^


[ 159/200 ]

# Posté le mardi 23 décembre 2008 16:52

Modifié le mercredi 04 mars 2009 09:46